on y va à la cata....!!!!

Pour tout ce qui concerne les Pilotes Privés

on y va à la cata....!!!!

Message par pilotax » Jeu Déc 19, 2013 10:37 am

Je viens de lire l'article dans "Info-Lipote" (mâtin....quel journal...!!!), N°690 septembre 2013, page 19, intitulé "ATO: quels changements pour l'Aéro-Club et pour le Pilote Privé?
Très bel exemple de face voilée...(remarquez que c'est à la mode la face voilée....) :asma: , alors, c'est une continuité......!!!
A lire cet interview de Pierre Podeur, le Secrétaire de la FFA, tout est bien, dans le meilleur des mondes, l'espace aérien est dégagé, la météo cavok, les urines sont claires....!!!!!!
Et pourtant Pierre Podeur, en tant qu'ancien responsable de FTO, devrait savoir à quoi s'attendre....!!! :troll02:

Je vais tenter de vous expliquer ce à quoi il faut s'attendre...

Tout d'abord, on monte l'ATO.....facile, il suffit de déposer 1 acte de candidature, qui demande de décrire brièvement la structure (nom des responsables, formations proposées, les Instructeurs, les dimensions des locaux, les avions) plus les 3 manuels, exploitation, formation, SGS.... La FFA vous fourni les matrices, vous remplissez les blancs, et hop, le tour est joué..... C'est bon, vous êtes ATO...!!! Tout le monde au bar....Arrosage.....!!!! C'est la fête....!!! :biere:

Comme la DAC de votre région (et de la mienne d'ailleurs) est surchargée de boulot, pas d'audit pour le moment, vous avez le feu vert, le tampon, vous pouvez vas-y, ça continue comme avant.... En apparence ....

Parce que maintenant, vous avez pris l'engagement (le Dirigeant responsable, le Responsable péda, le Chef Instructeur, enfin tout le staff quoi) :texte: , d'assurer la conformité de la formation avec l'Aircrew et tout son foutu bazar d'AMC même pas traduites, et d’assurer la mise en œuvre rapide d’actions correctives adaptées pour pallier à tout dysfonctionnement.....et des dysfonctionnement, ben.....y'en a......!!!!! Vous avez pris aussi l'engagement d'assurer le SGS, même que personne n'y comprend rien à ce foutu SGS, mais bon il fallait pour avoir le tampon recopier consciencieusement le modèle, qui ne veut pas dire grand chose d'ailleurs, mais bon, faut l'faire, alors...... en avant Aéro-diagnostic, une fois parce que à la 2° on laisse tomber, on fera plus tard.... :pilote:
Et puis c'est fini la formation à la va comme j'te pousse, à la P0, P7 (qui était top entre parenthèse, et qui formait de vrais Pilotes, pas que des gestionnaires d'AIRNAV et de GPS), il faut suivre un programme (où on fait du local pendant 12 séances, la 13° étant une séance de tours de piste, et on lache l'élève à la 14°........ cherchez l'erreur....!!!!!).. Et puis il faut faire 100h de cours théoriques....... (déjà qu'on avait du mal à en faire 10, alors 100....!!!! plus tard, on verra plus tard...!!!) :torture: Moralité, on continue comme avant, on oubli de faire les réunions d'Instructeurs, le contrôle de conformité avec le suivi des fiches de progression par exemple, le suivi du SGS, les amendements aux programmes, au manuel opération, la veille réglementaire, j'en passe et des meilleures......(parce que il y en a des meilleures), les changements de responsables divers, ou tout bêtement d'Instructeurs qu'il faut "amender", et que l'on ne fait pas, parce que on n'a jamais fait, et que ce n'est pas important à vos yeux de faire des amendements parce que Pierre est parti ailleurs faire de la double, et que Jacques l'a remplacé.... Ce n'était pas important, mais depuis que vous êtes ATO, ç'a l'est....!!!!! :texte:

Et deux ans après..... La DAC déboule chez vous, ils ont maintenant que tout est lancé, le temps de venir faire les audits, et de venir contrôler que vous avez bien fait vos devoirs, et comme vous ne les avez pas forcément bien fait, ou pas fait du tout, la sanction sera un paquet de non-conformités, et un arrêt de l'activité à plus ou moins brêve échéance...... immédiate ou avec un préavis à court terme...!!!! Il faut se souvenir, que la DAC sera elle même audité par l'EASA, et que à ce titre, elle ne pourra pas faire beaucoup d'impasses ou de gentillesses....!!!!! :sniper: :marteau:

Nous sommes homologués IFR depuis 1989, FTO depuis 2000, et j'ai connu les affres de l'audit tous les 1, 2 ou 3 ans (selon la qualité de la prestation précédente). Je peux vous dire que tout y passe, dans les moindres détails et de plus en plus en profondeur.... TOUT...!!! :scat:
On a même eu la DGAC se faisant auditer par l'EASA sur le support de l'ACOP..... Ce jour là, c'était 10l d'huile, pour une olive....!!!!!

Je tourne pas mal dans les Clubs en tant qu'examinateur, et je vois bien ce qui s'y passe.... Les élèves ne sont pas mal formés dans l'ensemble, le niveau est correct, mais l'emballage....!!!!! Les livrets de progression, les dossiers de présentation, les autorisations de test ...?????
Hors l'ATO c'est paperasses, paperasses, et ça les Clubs, restent des Clubs (ce n'est pas un reproche, mais une constatation...)
Et comment ils vont faire en province sur des petites structures qui ont déjà un mal de chien à survivre.....!!!! Je me le demande....!!! (comme dit Dutronc....) :joker:

Maure allité (avec de la fièvre...), avec le jeux des audits ravageurs, dans 3 ou 4 ans, il n'y aura plus beaucoup de Clubs faisant de la formation.... :cnul:

Alors, que fallait-il faire, et que faut-il faire?
Et bien, nos élus qui veulent tellement être élus, qui veulent tellement la place et qui sont prêt à tout pour être "élus", n'importe quelle bassesse, n'importe quelle abaissement ou avilissement, et bien là ils ont fait très fort, et par la même occasion c'est nous tous et l'aviation légère Française qui va se faire mettre....!!!! Je suis colère, parce que à ce rythme prévisible, c'est la fin de notre modèle associatif. :help:
Il ne fallait pas accepter en l'état ce changement de réglementation. Après tout, les gens qui nous gouvernent, à tous les niveaux, sont là par la volonté du peuple, ou pas? :parcaboulay:
Nos représentants se devaient de négocier une procédure TRES allégée en fonction des faibles possibilités de tout un tas de Club, qui ont déjà un mal de chien à survivre.....!!!! :bravo2:
Si la DGAC, avait eu derrière elle, la Fédé avec 50.000 Pilotes, elle aurait eu matière à discussion..... J'ai vu (j'ai assisté aux échanges...) comment la DGAC a défendue notre IR National, et la DGAC sera d'ici quelques temps, dans la mouise à contrôler tout ce bazar.....!!!!! Donc il y avait matière à discussion....
Et il n'est peut être pas trop tard..... C'est une question de volonté.....!!! Reste à savoir si il y a une volonté à réagir avec clairvoyance....!!!!
Nos dirigeants et têtes pensantes de la Fédé, sont à peu près tous issus de gros Club (ou de Club importants) :petard: . Pour ceux là, ce sera "relativement faisable"...... Et je dis bien relativement....!!
Mais pour tous les autres, les obscurs, les sans grades, les petits......!!!!???? Ce sera la cata......!!!!! Fini notre modèle associatif, tellement envié par d'autres pays....!!!!!

Tout ça c'est "désespoir, résignation et colère......" :greuu: ... Tout doit être lissé, à l'image des pays sans aéronautique "privé et de loisirs", tout doit être fait pour nous considérer en quantité négligeable, pour nous mettre de côté, pour se débarrasser de nous.... :censure: Le PPL dans l'optique et la logique de l'EASA, c'est la formation initiale du Pilote de Ligne, et pour nous Français, le PPL c'est celui qui va faire un tour le dimanche, avec ou sans sa famille, avec ou sans ses copains, mais qui s"envoie en l'air" pour se faire plaisir, pas pour devenir ATPL. Qui va faire un tour en D112, ou en SR22 si il a un peu plus de moyens, qui va faire un local d'une demi heure, ou un voyage au Groenland, qui va faire du VFR de "cavok", ou de l'IFR. C'est tout ça un Pilote Privé en France, ce n'est pas (que) un futur ATPL. :f18:

Loin de moi, l'idée de nier toute modification amenant une amélioration de la formation, mais pas comme ça, pas avec de la paperasse pour de la paperasse, pas avec des contraintes uniquement administratives....!!! Contraintes qui vont aboutir à la fin de notre aviation.... parce que trop lourdes pour nos petites structures, qui vont se retrouver très vite dépassées...... :shutup:

C'était le coup de gueule du jour, et j'espère tellement que ça vous fera réagir.....!!!!!
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Re: on y va à la cata....!!!!

Message par pilotax » Ven Déc 20, 2013 8:20 am

Voilà ce que me réponds un vieux copain, d'un Club du centre de la France..
Ce Club est un gros Club, qui forme des Pilotes depuis très longtemps..... à méditer....!!! :gagoff:

"Salut Michel,

Bravo pour ton coup de gueule - C'est la fin d'un esprit club , et d'une formation de qualité comme on a connu.

Les beaux jours de l'aviation légère sont derrière nous , mais nous avons tellement connu de belles choses.

Chez nous , un instructeur ( qui a été qualifié pour faire de linstruction IR national ) a bondi sur la mise en place de l'ATO , avec un appétit insolent

Si l'ATO a les mêmes résultats que lIR National chez nous , alors il faut crier "mort aux cons , vive l'empereur"!

Les 3 ou 4 élèves qui se sont inscrits - et qui viennent de province - pour l'IR restent deux ou trois jours çà et là .....et ne réapparaissent plus , durant plusieurs mois ..

Ce n'est pas demain qu'ils auront le "tampon royal" sur la licence.

J'ai fait suivre ton "coup de gueule" pertinent à nos 3 instructeurs , et aux membres de CD , qui se rénissent d'ailleurs ce soir,

avec à l'ordre du jour :


- Point sur l'ATO et...compte rendu de l'Audit DGAC

, oui oui, nous avons été audités ....et , le club ne devrait pas faire de formation tant les auditeurs de la DGAC ont trouvé de nombreuses anomalies à rectifier rapidement , car les sanctions ne sont pas loin....alors avec l'ATO

on va rigoler ....mais les élèves moins!


Amitiés - A bientôt
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Re: on y va à la cata....!!!!

Message par Invité » Dim Déc 22, 2013 5:03 pm

Je partage tout à fait ce qui est dit. Nous travaillons actuellement sur le passage en ATO. Et quand on me parle du livret de progression qu'on nous propose, je sors mon revolver (Ach! la bonne époque!).
Tout ceci pour dire que cette situation est une hérésie. Il serait intéressant de faire une recherche et mettre des visages et des noms sur tout ceux qui nous pondent ce genre de conneries. Au moins nous verrions à quoi ça ressemble. On les ferait rouler à poil dans des tonneaux avec du goudron et des plumes d'oiseaux.
Sur ce bonnes fêtes et ... Ah ça ira, ça ira, ça ira....
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Re: on y va à la cata....!!!!

Message par pilotax » Lun Déc 23, 2013 8:36 am

La réaction d'un copain, que je préfère ne pas citer....... :engueule:

Je pense qu'il ne faut pas oublier la base de la réforme, c'est à dire, augmenter le niveau de sécurité.
Il ne faut pas confondre, non plus, compliqué et efficace.
Il faut revenir aux fondamentaux et donner plus d'importance à l'instructeur qui doit transmettre plus qu'une méthode, aussi rigoureuse soit elle.

Le concept de base qui consiste à penser qu'une compétence acquise, l'est définitivement, est un concept d'ingénieur pas de pilote, le pilote, lui, sait se remettre en cause à chaque vol et apprend souvent à ses dépens l'humilité.
Faire rentrer dans des cases des compétences, fussent-elles uniquement techniques, c'est rassurant pour le législateur mais ce n'est pas la réalité.

Il faut faire simple, tout le monde doit être capable de comprendre. La gestion des risques en instruction ce n'est pas n'en prendre aucun et reporter le problème plus loin dans la carrière du pilote.

Il n'y avait jamais eu d'accident en exercice de décrochage volontaire avec instructeur depuis plus de 43 ans (j'ai débuté en 1969) après aseptisation des décrochages pour éviter tous les accidents, qui n'avaient jamais existés, le système a tué 218 personnes avec trois pilotes qui ne comprenaient pas!!!!!!!!!!!!!

Le prochain accident arrivera sur une interruption du décollage, suite à une panne, que les consignes des SGS empêchent de faire en coupant le moteur, ce qui est la seule solution pour qu'un pilote soit formé et sache faire face le jour venu. :cnul:


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Re: on y va à la cata....!!!!

Message par pilotax » Dim Jan 05, 2014 9:13 am

Une réponse d'un bénévole, ancien Président de Club, (Alain) qui assume ses "positions", et qui me dit, je le cite:"Vous pouvez utiliser ce que j'écris, j'ai l'habitude d'assumer mes positions. Je vous remercie en tous cas car je me sens moins seul... :help:
Voici ce qu'il m'a écrit hier: :texte:

Bonjour monsieur,

J'ai lu avec intérêt le "coup de gueule" que vous avez passé sur le forum de l'ACOP. Il me semble que vous exprimez un sentiment très largement partagé au sein des associations qui font vivre notre aviation de loisir. Nous-mêmes, à Til-Chatel (petit club rural de 140 membres qui effectue 2000 heures par an) avons, à plusieurs reprises, tenté d'alerter la FFA sur les risques que le fédération faisait prendre à ses membres à adoptant une stratégie d'accompagnement des orientations définies au sein de l'EASA. Alors que j'étais président du club -entre 2007 et 2012- j'avais, par exemple, réagi par écrit au "Symposium sur l'aéroclub de demain" organisé par la Fédération, Symposium au cours duquel avaient été dessinés les contours d'une prochaine transformation radicale de l'aviation légère à la française. Et -naïvement sans doute- j'avais demandé que ce texte soit publié dans la revue "Info-pilote" afin qu'il contribue à organiser un vrai débat au sein de la FFA. Mais les lecteurs de la revue n'en ont pas eu connaissance...Pour information, je vous mets ce texte en fichier attaché.
Je crois que cette affaire des ATO est un étage supplémentaire de la fusée qui doit mettre sur orbite le grand marché européen de la formation au pilotage. Et ce qui est grave (c'est pour cela que je relie cette question à celle du Symposium), c'est que, loin d'appeler ses adhérents à la mobilisation et à la résistance, la  FFA les invite à une conversion doctrinale. Ainsi, JM Ozoux, dans l'édito du N°693 de la revue écrit : "...après une brève phase de rejet spontané [...] toutes les équipes qui sont rentrées dans les dossiers ont compris l'intérêt du CBT et que la la contrainte générait -comme souvent- des opportunités qu'il nous fallait savoir saisir ". On est bien ici dans la droite ligne du Symposium : On nous impose des choses négatives, que nous aurions envie de rejeter ? Eh bien, profitons-en au contraire pour rebondir, pour avancer, pour nous transformer.
Le problème, c'est que JM Ozoux s'appuie, pour défendre cette thèse précisément sur ce qui est le moins consensuel. Parce que le fameux CBT devant lequel MM Ozoux ou Podeur salivent tant, est un corps de doctrine né dans les années 90 dans quelque obscur bureau de l'OCDE. Il est devenu très rapidement un nouvel évangile imposé aux enseignants de beaucoup de pays européens. Ces fadaises, auxquelles la recherche pédagogique a pourtant ,depuis, tordu le coup, ont fait partout beaucoup de ravages,  surtout d'ailleurs, dans notre système éducatif français qui en est durablement sinistré. Je me crois autorisé à parler un peu sérieusement de ces questions ayant été associé pendant une dizaine d'années de ma vie professionnelle à un laboratoire de recherche pédagogique rattaché à l'Université de Reims.
Alors, on peut bien faire rouler ses muscles en expliquant qu'on a sauvé- de haute lutte-  les baptêmes de l'air. La réalité c'est que pour l'instant, ce que nous représentons, un accès démocratisé à l'aviation grâce à un puissant réseau de bénévoles et à des structures associatives, est gravement menacé. Mais cela, vous l'avez très bien dit et analysé.
Bien cordialement.
Alain


Dans une 2° réponse, je vais mettre le texte intégral, de cette lettre à Ozoux, qui n'a jamais été rendu publique, et pourtant elle le mérite largement...... Elle explique le fond même de cette apparente soumission....!!!!! :asma:
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Re: on y va à la cata....!!!!

Message par pilotax » Dim Jan 05, 2014 9:33 am

Lettre à OZOUX, Président de la FFA:

Alain débute sa lettre par une explication de ce qui la amené à la rédiger (la lettre.... :texte: ), ensuite le texte complet.... Passionnant et totalement lucide.....

Mon collègue vice-président de l’ACVI et moi-même sommes rentrés frustrés du symposium du 5 novembre. Pourtant, les questions posées étaient lourdes et justifiaient pleinement cette initiative de la Fédération. Mais la forme choisie pour les traiter (toujours en séance plénière et exclusivement sous la forme question-réponse) n’a pas permis l’organisation d’un vrai débat où les points de vue se hiérarchisent au cours de la discussion et non préalablement à celle-ci. Je souhaite donc te communiquer, en fichier joint, une sorte de synthèse de l’échange que nous avons eu dans la voiture le soir en rentrant à Dijon et je ne verrai que des avantages à ce que ce texte soit diffusé (notamment auprès des participants au symposium) afin que le point de vue qu’il exprime soit intégré dans la réflexion préalable à notre prochain congrès.

Remarques suscitées par ce que nous avons entendu
au Symposium de la Fédération sur « l’aéroclub de demain »


Les dirigeants de la FFA affirment que si la France est une grande nation aéronautique, c’est à la densité de son réseau d’aéroclubs et à la forme associative de ceux-ci qu’elle le doit. A contrario, si nos voisins européens ont fait moins bien que nous, c’est parce que leur aviation légère ne repose pas sur cette forme d’organisation. La Grande Bretagne a même été citée comme illustration de ce constat avec ses 20000 pilotes, à comparer à nos 41000.

Pourtant, nous a-t-on dit, ce sont ces pays qui réussissent moins bien que nous qui sont en train de nous imposer leur modèle. Règles européennes obligent, un pays comme Malte qui doit compter quelques dizaines de pilotes privés pèse aussi lourd que la France qui, elle, héberge le quart des pilotes européens. En Finlande, les quelques pilotes privés que revendique ce pays possèdent plutôt des bimoteurs et volent en IFR : ils sont pourtant censés savoir mieux que nous ce qui est bien pour nos milliers de pilotes VFR de DR 400…

Face à cela, et malgré cette analyse historique partagée, le discours actuel de la Fédération c’est : «Tournons la page. Adaptons-nous, évoluons » !
Les propos tenus, lors de ce symposium, ont eu le mérite de la clarté. Un extrait significatif de cette nouvelle orientation est la réponse de JL Charron (trésorier de la FFA) à un intervenant : « Il n’est dit nulle part qu’un aéroclub doive avoir une forme associative. Il existe des clubs de golf, des clubs hippiques, des clubs de tennis ou de foot qui ne sont pas des associations mais des sociétés commerciales. Nos aéroclubs peuvent donc devenir aussi des sociétés commerciales ».
Ainsi, la ligne désormais défendue par la FFA c’est que le modèle français devra inéluctablement voler en éclat pour s’adapter à l’imposition, par l’Europe, de nouvelles règles de fonctionnement. Il ne devrait donc plus y avoir, comme aujourd’hui, de forme unique d’organisation dans l’aviation légère de loisir (réseau d’associations loi 1901 gérées par des bénévoles) mais l’émergence de formes diversifiées : Sociétés commerciales, associations, groupements mixtes etc… Cette mosaïque de solutions répondra au slogan « Penser global, agir local », la FFA fédérant, donc représentant toutes ces structures.

Les quelque deux cents participants à ce symposium n’ont pas forcément compris l’ampleur de la conversion intellectuelle à laquelle nous invite la Fédération. Ce qui légitimerait désormais l’existence de cette dernière, si le virage amorcé se confirmait, ce n’est plus un dessein, une perspective, une vision, sur la manière d’aider des citoyens de ce pays à donner corps à leur passion, sur les voies et moyens de démocratiser l’accès à l’aviation de loisir. Ce serait, simplement la nécessité de gérer, en France comme à Munich ou à San Marin des structures et des infrastructures aéronautiques. La FFA pourrait ainsi, pourquoi pas, tout aussi bien regrouper et représenter les bases aériennes ou les entreprises de fret aérien que les aéroclubs.

Avec ce virage idéologique, le corps de doctrine de la Fédération, qui, pour beaucoup d’adhérents, en constitue encore l’essence même, disparaît au profit d’une guimauve conceptuelle tout entière centrée sur les questions de gestion et de marketing (« Nous allons enfin pouvoir faire de la publicité » a dit un intervenant).

Comment ne pas voir que ce mouvement vient de loin ? Le premier acte, décisif, n’a-t-il pas été la dévolution, aux collectivités territoriales, des aérodromes qui appartenaient à l’état ? En conservant ce patrimoine, l’Etat-Nation aurait donné un signal fort aux instances européennes, aurait signifié que non seulement ces plates-formes, mais les associations qui les font vivre sont l’élément fondateur de notre aéronautique, que les valeurs que celles-ci incarnent font consensus dans le pays et que la préservation de tout ceci n’est pas négociable. Au contraire, en atomisant ce patrimoine, en permettant qu’il soit ensuite bradé au plus offrant, voir au plus démagogue, n’a-t-on pas volontairement affaibli la force qu’il incarnait pour mieux préparer l’étape suivante, la curée ? Car, ils sont sans doute nombreux à saliver devant cette manne. Pensez donc : 600 aérodromes, 41000 pilotes, 600 000 heures de vol annuelles. Et tout cela qui échappe encore à la sacro-sainte « loi du marché » ! Sans compter, car l’argent n’a pas plus de terrain spécifique de prolifération que d’odeur, ces centaines de milliers d’hectares dont on pourrait faire autre chose que des espaces verts fréquentés par de doux rêveurs. La curée n’a-t-elle pas déjà commencé ? Les maires et présidents de collectivités territoriales n’ont-ils pas déjà entendu les sirènes de ces gorgones attirées par des mirages de tas d’Euros dormant sous nos pistes ?
Et, face à cela, nous n’aurions rien d’autre à dire qu’ « Adaptons-nous » ? Et nous n’aurions rien de plus urgent à faire que, comme l’a suggéré un intervenant ce 5 novembre, nous intéresser au taux de TVA applicable aux prestations que nous vendrons lorsque nous seront des PME ?

Comment la FFA peut-elle imaginer son avenir dans cette pétaudière ? Représenter à la fois des associations moribondes et des sociétés franchisées liées à des groupes anglo-saxons ? Mais imagine-t-on que ces derniers, lorsque leur influence sera suffisante, supporteront la concurrence d’associations qui n’acquittent pas l’impôt ? Imagine-t-on qu’en cas de conflit sur cette question, une juridiction nationale ou européenne pourrait donner raison à l’association contre la multinationale ? Et surtout : que ferait la FFA dans une telle circonstance ? Volerait-elle au secours de l’Association au nom de la défense des valeurs fondatrices de l’aviation légère à la française, ou défendrait-elle la rigueur budgétaire et fiscale qu’incarne la société commerciale ?
Dans une autre fédération du milieu aéronautique, la FFPLUM, ces problèmes de grand écart commencent à se poser. Véritable auberge espagnole, la FFPLUM entend fédérer tout ce qui vole en ULM : individus isolés, associations, groupements de propriétaires, sociétés privées commerciales. Eh bien, on entend de plus en plus souvent, au sein de cette fédération, des éclats de voix, venant de gens qui tirent une rémunération de leur activité (instruction, promenades aériennes…) et qui sont mécontents de la concurrence (toujours qualifiée de déloyale) que leur font les rares associations (y compris les aéroclubs) présentes dans ce secteur. La FFPLUM s’en tire par un mutisme courageux…. Mais jusqu’à ce que le rapport de force soit tel que l’on pourra enfin se débarrasser des associations.

Dans son intervention, Max de Richemont a dit : « Nous pouvons discuter de tout, sauf de notre existence ». Le propos se voulait rassurant à l’heure où chacun pressent bien que de lourdes menaces pèsent sur nous. Mais, pour que le propos fût véritablement rassurant, il aurait fallu que Max précise le concept « d’existence » Continue-t-on « d’exister » quand la nature même de ce que nous sommes a été totalement corrompue ?
Serions-nous encore nous-mêmes si, au lieu de porter un idéal, nous devenions une sorte de MEDEF de l’aviation générale ?
Ces questions ne sont ni anodines ni polémiques. Il est encore temps, pour la fédération d’y répondre en n’oubliant pas d’où elle vient. Sinon, les 40000 pilotes qu’elle fédère auront vendu leur âme pour bien moins qu’un plat de lentilles.

Alain M....
Président de l’aéroclub du Val d’Is



Superbe analyse.....Cette lettre, dans une assemblée démocratique digne de ce nom, ce devait d'être publique...... Dont acte....!!!!!!

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